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Ah non ! Ah non ! J’ai attrapé la mono. Je suis devenu un pauvre mono, ce n’est pas drôle. Je parle tout seul. Un monologuiste… un monologuiste, ça parle tout seul, tout le temps. Mais il faut que je rétablisse les faits. Je ne suis pas le monologuiste que vous attendiez. Peut-être, d’ailleurs, que vous ne l’attendiez pas. Je ne suis pas celui qui devait venir. Je suis son clone, son clone de clown : Bozo. Et moi je déteste parler tout seul. Il est heureux que vous soyez là. On va pouvoir se parler. De toute façon, voilà quelqu’un ! Ah! Mais c’est Katé. Je vous présente Katé, Katé-Chèse. Vous ne la voyez pas ? Ah je sais, ce n’est pas évident. Parfois, ça prend un peu d’imagination pour voir ce qui est là. - Ah! Vous la voyez maintenant ; je savais que vous aviez de l’imagination. Comment vas-tu ma Katé ? T’es pressée, t’as pas le temps ? Mais comment ça… tu es pressée et tu n’as pas le temps. Il faut que tu passes ? Mais que tu passes où et à quoi ? Est-ce que tu passes à la télévision ? Serais-tu devenue une vedette ? Il faut que tu passes à autre chose… car tu es en passage… me dis-tu ? Je vois… mais ne passe pas trop vite ! Prends le temps, prends le temps. Assieds-toi deux minutes ; assieds-toi sur ta chaise ma Katé, assieds-toi sur ton Saint-Siège deux minutes. T’oublie souvent ta chaise ma Katé.
Assieds-toi là, on va se parler On a plein de choses à se dire Le temps des roses s’en est allé Ce n’est plus l’heure des souvenirs
Assieds-toi là, on va se parler On a plein de choses à se dire C’est maintenant l’heure de raconter Ce que demain va devenir.
Oui assieds-toi là, on va se parler. T’es tout en sueur ; tu t’énerves, tu t’énerves. Je comprends que ta famille a été mise dehors de ceci ou de cela et qu’elle doit se trouver une place dans la vie. Mais ne passe pas comme un coup de vent. Prends le temps de t’asseoir dans la chaise ma Katé ; écoute le vent au lieu de te prendre pour lui (geste de précipitation). N’entends-tu pas le silence de la brise légère
Pendant que tu fais du sang de punaise Il y en a qui disent : C’est de la foutaise Il faut prendre le temps ma Katé Il faut prendre le temps d’écouter Le feu qui pétille dans la braise Comme toi tu frétilles sur ta chaise
Assieds-toi là on va se parler
Et là tu trouveras peut-être ta place et tu pourras repartir
Il faut demeurer pour partir Il faut rester pour s’en aller Et d’abord naître pour devenir Avoir une place pour se déplacer Et d’abord être en devenir Pour avoir une place et se déplacer
Et sur ta chaise ma Katé Tu apprendras à devenir En écoutant les essoufflés Qui te feront te ressouvenir En écoutant ces essoufflés Et qui deviendront tes souvenirs
Et là, peut-être, entre deux chaises, Ma Katé Tu pourras faire mémoire De ce que t’es… ma Katé
Mais je t’en prie, n’attrape pas la mono ; ne deviens pas monologuiste ; ça serait la pire chose qu’il pourrait t’arriver. À la limite, je te le dis, il vaut mieux être un clown qu’un monologuiste, car un clown, qui se prend toujours un peu pour un autre, n’est jamais vraiment seul. C’est comme Dieu, si j’ose la comparaison, ce grand Solitaire-triangulaire qui a pris la chance et le risque, dans sa Parole créatrice, que d’autres s’assoient sur son Saint-Siège. Ça c’est le comble de la Quête et Chaise, ma Katé.
Assieds-toi là, on va se parler On a plein de choses à se dire Le temps des roses s’en est allé Mais peut-être qu’il va revenir
Assieds-toi là, on va se parler Des gens, des choses, de l’avenir Et du présent qui est fatigué De ne pouvoir s’appartenir
Assieds-toi là, on va se parler Des peurs, des rêves et des désirs De ceux et celles qui n’osent pas dire Qu’elles sont Église et son avenir
Oui j’ai vu l’avenir de l’Église en direct. Il y avait un grande rencontre dans la ville de Québec. C’était une rencontre d’Église : une rencontre de ministres et de ministrables. Moi j’y étais incognito. Je m’étais déguisé en théologien pour passer inaperçu. Et tout à coup – sans doute à un moment où l’on parlait de l’avenir de l’Église- une jeune femme, une belle jeune femme, une belle jeune femme enceinte est apparue sur la scène (c’était une ministre ministrable des jeunes) et elle s’est mise à parler… et elle parlait bien, c’était d’une beauté… (j’ai cru entendre comme une Parole de Dieu). À un moment donné, elle s’est arrêtée et elle a regardé l’assemblée dans les yeux – et j’ai cru voir l’Église fermer les yeux et baisser la tête, comme si elle se préparait à entendre quelque chose d’inouï -… et la jeune femme a dit : « Dans 25 ou 30 ans, je serai encore là et ma fille aussi (elle attendait une fille… signe des temps ?), j’espère qu’alors l’Église sera assez vivante pour que ma fille y trouve sens, c’est-à-dire que l’Église ne soit pas trop plate ». Quelques larmes ont coulé de mes yeux (c’est sensible un clown !) Et alors je me suis dit : « Ça… elle, c’est l’Église en sacrement. C’est le symbole vivant de l’Église : ‘La jeune femme va enfanter’ - ‘Qu’il me soit fait selon la Parole’ ». Et voilà l’Église en gestation ! Il y a la gestion et la gestation. Les deux sont importantes… différemment. Souvent, l’une déprime et l’autre donne de l’espérance. Mais qui sait ?
Chanson : Salut L’Église !
Refrain :
Salut l’Église, comment ça va ? T’as bien l’air déprimé Salut l’Église comment tu vas ? Laisses-toi pas enfermer
Salut l’Église, comment ça va ? T’as bien l’air affaissé Ouvre ton cœur et parfumes-toi Il y a encore de la vie à recommencer
Mais arrête de te regarder passer Tu passes à côté de ta vie Arrête de te dire que t’es dépassée Ne vois-tu pas, il y a plein de vie N’entends-tu pas ces jeunes qui crient Ne vois-tu pas ces gens qui rient Mais arrête de te regarder vieillir Arrête de te regarder mourir
Refrain :
Tu te rappelles, il y a une bonne nouvelle Le monde aime tant les bonnes nouvelles Mais arrête de te dire que t’es pas belle Arrête de te prendre pour une poubelle Et dis-la donc ta bonne nouvelle Le monde attend une bonne nouvelle Si t’arrête de te prendre pour une poubelle Peut-être qu’on te trouvera plus belle
UNE BELLE JEUNE FEMME ALLAIT ENFANTER
Refrain :
Salut l’Église, salut l’Église ! Hors du salut, y a point d’Église Il faudrait dire salut au monde Salut le monde, salut le monde ! Salut l’Église, salut l’Église ! Hors du salut, y a point d’Église Car le salut, c’est pour le monde Ça ressemble à Dieu qui aime ce monde
Refrain :
Salut l’Église, comment ça va T’as moins l’air déprimé Salut L’Église, comment tu vas Laisse-toi pas enfermer Salut l’Église, comment ça va T’as moins l’air affaissé Ouvre ton cœur et parfumes-toi Il y a encore de la vie à recommencer
Salut le monde !
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