Jean-Marc Gauthier

 

Monologues

 

 

 

 

Co-responsabilité

(25 et 28 novembre 2002, à Laval)

 

 

« Allo l’Église? » Pas de réponse! « Allo l’Église? » Ça sonne… mais pas de réponse… trois coups, quatre coups, cinq coups… Oh Ça répond. Enfin ! Ah mais ce n’est pas un répondant… c’est un répondeur, vous imaginez : un répondeur :

 

- faites le 1

- faites le 2

- faites le 3

- faites le 4

- faites-le encore

- faites votre possible

 

Oh ! J’ai compris. Je veux bien faire mon possible mais quand même j’aimerais que quelqu’un me réponde ; que quelqu’un réponde de quelque chose. Mais personne ne répond… sinon un répondeur. Et par définition ou par… mauvaise définition : un répondeur, ça ne répond pas. Ça reçoit l’appel et l’enregistre mais ça ne répond pas… en général. Un répondeur, c’est tout à fait irresponsable. Si personne ne répond c’est que personne n’est responsable. Être responsable, c’est d’abord répondre… répondre à l’appel. Responsare ou respondere (quelque chose du genre) : répondre. Mais qui appelle? Pour le savoir, il faut répondre et alors on découvrira que quelqu’un appelle, on découvrira peut-être… qui appelle.

Le thème du répondeur qui ne répond pas, le thème de la responsabilité et de la non-responsabilité, le thème de la co-responsabilité remonte à il y a longtemps, très longtemps. Ah ! Vous pensez être originaux avec vos affaires de co-responsabilité en 2002… bientôt 2003. Eh bien ! ça commence… presque au commencement, nous dit la Bible ; pas en 2002-2003 mais en Genèse 2 ou 3. Il y avait alors Dieu ; puis vinrent l’Adam et la Dame (appelée Ève). L’Adam et la Dame, nous dit-on, peu satisfaits de leur sort, voulurent se prendre pour Dieu sous l’inspiration d’une espèce de serpent qui leur aurait dit : « Si vous mangez de ce fruit, vous serez comme des dieux ». Ah, la belle affaire qu’ils se dirent : eux, qui étaient pourtant créés à l’image de Dieu, voulurent se prendre pour d’autres, pour des dieux. Et ils mangèrent du fruit défendu. La Bible ne nous dit pas quel est ce fruit… sinon que c’est celui de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, l’arbre du bonheur et du malheur, l’arbre de la responsabilité. Et l’on dit que le fait d’avoir mangé ce fruit fut une faute, une grande faute… LA faute. Mais quelle est la faute? Qui a commis la faute? Toute l’histoire de l’humanité semble prise par cette question : À qui la faute? C’est quoi la faute?

La faute, c’est d’être irresponsable en croyant être très responsable. C’est de se prendre pour un autre et de refuser d’être soi, simplement soi. C’EST PAS MOI. C’EST PAS MA FAUTE. C’EST PAS MOI ; C’EST LUI, C’EST ELLE.

Je me suis toujours demandé pourquoi on avait fini par dire que le fruit défendu en question était une pomme alors que la Bible ne parle jamais de pomme… seulement de fruit. J’ai découvert la réponse, la semaine dernière, après des années de recherches intenses… et non subventionnées. La POMME, c’est le refus de prendre ses responsabilités : POM-MOI, POMMA-FAUTE. Non, c’est pom-moi, c’est pomma-faute. Le syndrome de la pomme. Pas moi ! Pas ma faute !

Quand, Dieu, dans la Genèse, vient demander à l’Adam ce qui s’est passé, il dit, cet irresponsable d’Adam : c’est pas moi, c’est la Dame, c’est la femme que tu m’as donnée. Et Dieu alla voir la Dame, et elle dit, cette irresponsable d’Ève : c’est pas moi, c’est le serpent. Et le serpent s’était déjà défilé (faire le geste) avant que Dieu ne lui pose la question. De toute façon, il aurait sans doute dit : c’est pas moi, c’est pas moi, c’est pas ma faute. C’est ta faute à Toi ; tu n’avais qu’à pas faire le monde, qu’a ne pas faire l’Adam et la Dame. Ce sont des irresponsables. Ils refusent toute responsabilité, toute co-responsabilité.

 

Chanson : C’est pas moi, c’est pas de ma faute

 

La faute, c’est pas de ma faute

C’est elle, c’est lui

La faute, c’est pas (de) ma faute

C’est le serpent, le maudit

 

C’est de sa faute à lui

C’est de sa faute à lui (à elle, à lui)

C’est de sa faute à lui

C’est le serpent le maudit

 

Moi, j’ai rien fait

Moi, j’ai rien fait

Moi, j’ai rien fait

Moi, j’ai rien fait

 

C’est pas (de) ma faute

C’est pom-ma faute

Moi, j’ai rien fait

 

C’est pas moi

Je vous le dis

C’est pas moi

Je vous le dis

C’est pom-moi

Je vous le dis

 

Moi j’ai rien fait

Moi j’ai rien fait

 

Musique

 

J’ai rien fait, j’ai rien fait : innocent ! T’aurais dû faire quelque chose ! C’est justement ça le problème de la responsabilité, de la co-responsabilité. On se retrouve avec une bande d’innocents qui ne font jamais rien. « Moi j’ai rien fait, moi j’ai rien fait! » Ben grouille-toi, fais quelque chose. Si personne fait rien, on n’a pas de question ni de problème de co-responsabilité mais seulement d’inhabilité ou d’inhabileté ou de débilité… tout simplement. C’est pas moi, j’ai rien fait. (Bis)

Pour être responsable, il faut répondre ; pour être co-responsable, il faut cor-respondre. La co-respondance, c’est plus compliqué. Il faut être au moins deux. Ma mère clown me disait, quand j’étais plus jeune et que je me tiraillais avec mon frère : « Il faut être au moins deux pour se battre. - Ah c’est pas moi qui ai commencé. - La question, disait-elle, ce n’est pas de savoir qui a commencé mais qui va arrêter et comment on va arrêter; c’est ça être responsable, être co-responsable ». (Oh elle ne disait pas co-responsable, elle; elle ne connaissait pas ce jargon moderne ; elle disait : il faut être au moins deux. Et elle avait bien raison : pour être co-responsable, il faut être au moins deux. Si c’est vrai pour se battre, c’est aussi vrai pour travailler ensemble, pour s’aimer. Il faut être au moins deux).

Mettons que t’es responsable, mais t’es responsable tout seul. Eh bien tu n’es pas co-responsable, tu es solo-responsable, mono-responsable. Mono, c’est bien beau mais t’es tout seul. C’est comme un monologue, c’est bien beau, mais tu parles tout seul. Mono, mono, c’est bien beau mais l’Église, l’ekklesia, l’assemblée n’est pas mono. Elle n’est pas mono-responsable, elle n’est pas mono-archie. Louis XIV disait (Vous connaissez Louis XIV ce grand roi de France ; j’imagine qu’il était le fils de Louis XIII et le père de Louis XV… c’est souvent comme ça… mais peu importe. Louis XIV disait, lui qui était un grand mono-arche… eh bien ! il disait (je vais finir par le dire) : l’État, c’est moi. Il était responsable, Louis XIV, très responsable, trop responsable. Il était mono-responsable. Le seul responsable. En tout cas, c’est ce qu’il disait. Mais dans l’Église, personne ne peut dire : l’Église, c’est moi. Ce serait une contradiction puisque Église, ekklesia, veut dire ASSEMBLÉE : ensemble dans une assemblée. Comment peux-tu être tout seul ensemble dans une assemblée? Absurde ! l’Église n’est pas une mono-responsabilité, une mono-archie (une archi-mono). L’Église n’est pas un grand solo, un grand « one man show »). Non, elle est une pluri-archie coresponsable. Quand on entre dans le monde de la mono, ça devient monotone. On est rien que des « tout seul ». Et il n’est pas bon que l’homme soit seul; il n’est pas bon que l’Adam soit seul, disait le Dieu de la Genèse ; c’est pour cela qu’il y a la Dame… pour que le monde ne soit pas monotone, c’est -à-dire avec un seul ton, un seul discours monologuant, une seule parole… mono responsable. Ah que la vie serait plate si elle était mono ! Platement monologuante, monocorde, mono responsable et mono archique… mono solitaire. Mais la vie n’est pas mono ; elle est pluri-multi-diverse, elle est pluri-multi-diverse et c’est pour cela qu’elle demande du monde diversifié, co-responsable, multi-responsable, plu-responsable. Responsable à plusieurs, ensemble.

Ensemble. Quel drôle de mot : ENSEMBLE. On n’a qu’à dire le mot et ça semble aller : en-semble…ensemble. On s’assemble ensemble. Ouais ! Mais faut le faire. Être ensemble, pas facile ! C’est déjà difficile d’être soi-même alors … être avec… un autre, être avec …d’autres, être à plusieurs, être ensemble…Ouf ! Pas évident ! Pas facile ! On aurait parfois le goût de s’enfuir dans la forêt vierge… si on ne savait pas que ladite forêt vierge n’est pas vierge du tout puisqu’elle est habitée de plein d’animaux sauvages ; alors, à tout prendre on est peut-être mieux d’essayer d’être ensemble entre humains, d’agir ensemble, de vivre ensemble humainement.

Être ensemble, faire ensemble, agir ensemble, vivre ensemble…wow ! quel projet ! Pour arriver à cela, il faut se com-promettre, ce qui ne veut pas dire : promesses de cons, mais plutôt promesse d’être avec… en faisant des compromis. Nous sommes… ensemble… et nous sommes plus et mieux, parce que nous sommes ensemble. Wow ! Ça serait beau !

 

Chanson : Nous sommes ensemble

 

C’est toi

C’est moi,

C’est nous

Nous sommes ensemble

C’est moi

C’est toi

C’est nous

Et bien ensemble

 

Tu fais ce que tu peux

Je fais ce que je peux

Nous faisons pour le mieux

Tu fais comme tu veux

Je fais comme je veux

Ça ira pour le mieux

 

C’est toi,

C’est moi

C’est nous

Nous sommes ensemble

C’est moi

C’est toi

C’est nous

Et bien ensemble

 

Si tu fais comme je veux

Et que je fais comme tu veux

Ça peut brasser un peu

Mais si on fait comme on peut

Quand on travaille à deux

Ça ira pour le mieux

 

On fait comme tu veux

On fait comme je veux

On se compromet un peu

On fait comme on peut

On est plus que deux

Et que ça aille pour le mieux (Beaucoup d’enfants de Dieu)

 

C’est toi,

C’est moi

C’est nous

Nous sommes ensemble

C’est moi

C’est toi

C’est nous

Et bien ensemble

Si tu es avec moi

Et que je suis avec toi

Qui sera contre nous

Je suis avec toi

Tu es avec moi

Rien ne peut être contre nous

 

On fait comme tu veux

On fait comme je veux

On se compromet un peu

On fait comme on peut

On est plus que deux

Et que ça aille pour le mieux

 

C’est toi

C’est moi

C’est nous

Nous sommes ensemble

C’est moi

C’est toi

C’est nous

Et bien ensemble

 

Musique

 

Si t’es avec moi

Et que je suis avec toi

Qui sera contre nous

Je suis avec toi

Tu es avec moi

Rien ne peut être contre nous

 

C’est toi

C’est moi

C’est nous

Nous sommes ensemble

C’est moi

C’est toi

C’est nous

Et bien ensemble

 

Et faisons pour le mieux

Oui, faisons pour le mieux

Sans nous prendre pour Dieu

 

Musique

 

« Allo l’Église ! Ici le Grand Divin… j’ai placé des appels, beaucoup d’appels et je n’ai pas eu de réponses. Avec le temps, j’ai placé d’autres appels un peu partout et certaines personnes ont commencé à répondre. » Et le Grand divin s’est tu. Plus rien ! Silence ! Le Grand divin s’en est remis à ceux et celles qui ont commencé à répondre. Plusieurs ont fini par se rencontrer: « T’as reçu un appel ? Moi aussi ! Toi aussi ? Oui, moi aussi! ». À certains moments les lignes étaient tellement chargées qu’il y a presque eu une congestion d’appels et surtout une congestion de réponses. C’est comme s’il y avait trop de monde qui répondaient en même temps. On ne savait pas quoi faire de tout ce monde qui répondait.

Et l’Église s’est retrouvée avec une crise des vocations mais non pas parce qu’il en manquait mais parce qu’il semblait y en avoir trop. Trop d’appels ? Le Grand divin aurait-il mal planifié ses appels ? Aurait-il trop placé d’appels en même temps ?

Non, ce n’était pas un problème d’appels mais un problème de gestion des réponses. Comment gérer les réponses à l’appel ? Et c’est là qu’est arrivé le fameux problème de la co-responsabilité. Il n’y a un problème de co-responsabilité que s’il y a plusieurs personnes qui répondent en même temps.

Oui, ce jour-là, dans cette Église-là (c’était dans l’Église de Montréal, je pense, mais dans la cité de Laval ; on n’en est pas à une contradiction près !), ce jour-là s’est posée la question de la responsabilité, et surtout de la co-responsabilité, compte tenu de toutes ces personnes qui répondaient en même temps à l’appel.

Et certains, croyant mieux gérer ce problème de gestion (de con-gestion) des multiples réponses aux multiples appels dirent : « il ne faut pas confondre, il y a de grands appels et de petits appels. Pour mieux gérer la co-responsabilité, il suffit de bien distinguer entre les grands appels et les petits appels. »

Mais pendant que l’Église délibérait sur la question de la grandeur, plus ou moins grande, des appels, le téléphone sonna. Le responsable de l’Assemblée-Église répondit et une voix retentit : « Ici le Grand Divin; je veux simplement vous dire, si ça peut vous aider dans vos délibérations, que quand j’appelle, c’est toujours un grand appel même si souvent ce qui fait la grandeur de l’appel, c’est la qualité et la grandeur de la réponse. Mais n’empêchez personne de répondre! ». Le responsable de l’Assemblée-Église ne sut pas quoi répondre; il se sentit déstabilisé par l’appel du Grand Divin et il ne sut pas comment continuer sa réunion. Il proposa alors une levée de l’Assemblée. Et l’Église se leva. « On en reparlera une autre fois », dit-il. On attend encore la suite.

En sortant de la réunion, quelqu’un avait dit à voix basse à sa voisine : « La co-responsabilité se fait aussi avec le Grand responsable des appels… qui continue à appeler… même si on ne l’entend pas toujours ». La voisine ne répondit pas…

Une des grandes questions concernant la co-responsabilité est de savoir qui mène. Qui mène? C’est bien beau la co-responsabilité : t’es responsable, je suis responsable mais qui mène? C’est la même vieille question, de toute façon, depuis que le monde est monde, depuis que deux êtres humains sont apparus dans l’histoire : qui mène? Y mène ou A mène? Avant que l’amen soit dit et que l’hymen soit consommé, on voulait déjà savoir qui mène : c’est qui le chef? C’est qui la tête? Qui mène? Y mène ou A mène?

Si on se fie à la grande histoire patriarcale, on pourrait penser que l’Y-mène (hymen) a été plus fréquent que l’A-mène (Amen). Comme si les êtres humains étaient plus portés sur le sexe que sur la religion. Mais qui sait?

Parlant de religion, j’en connais un qui a été confronté à cette question. Il s’appelait Jésus. Vous connaissez? Bon bonhomme! Oh il vivait à une époque très lointaine quand, j’imagine les choses ne se passaient pas comme aujourd’hui. Il s’était formé une communauté de disciples et un jour il les surprit à se quereller pour savoir qui était le plus grand (Il y a en même deux qui lui avaient demandé, dans une sorte de lobbying évangélique, d’être assis l’un à sa droite et l’autre à sa gauche). Qui est le plus grand? Jésus était toujours embêté pour répondre à ce genre de question qui lui paraissait tellement secondaire, pour ne pas dire tertiaire. Qui mène? Qui est le plus grand? En fait c’était de bonnes questions mais le problème était de savoir comment y répondre.

Alors Jésus aperçut un petit enfant, un Ti-pit qui courait autour des disciples sans se soucier de savoir qui était le plus grand. Il était tellement concentré à vivre et à courir, le Ti-pit, qu’il ne se préoccupait pas tellement des questions des grands. Jésus appela le Ti-pit, tout surpris de se voir interpellé, de se sentir appelé, et il lui dit de se placer au milieu du cercle des disciples. Le Ti-pit répondit à l’appel et prit plaisir à venir se placer au milieu du cercle des grands, puisque d’habitude on le repoussait, on l’excluait. Et alors Jésus dit à ses disciples : « Le Royaume de Dieu appartient aux Ti-pit et à ceux qui leur ressemblent ». Il se fit même plus insistant : « Si vous ne devenez semblables à ce Ti-pit, vous allez passer à côté du Royaume de Dieu. ». Le Ti-pit ne comprenait pas trop ce que Jésus disait mais il était très fier d’être un Ti-pit. Et il regarda les disciples, qui voulaient être les plus grands, avec un air de supériorité évangélique. Les disciples se sentir gênés et embêtés. Comment ressembler à un Ti-pit quand on veut être le plus grand ? De toute façon eux ils voulaient juste être responsables, être les grands responsables, être les premiers responsables.

Alors Jésus leur dit : « Que ceux qui mènent me suivent » (du moins, c’est ce que les disciples comprirent, eux qui étaient tellement pris par la question de savoir qui est le plus grand, qui mène. En fait Jésus avait dit, comme vous le savez : « Que ceux qui m’aiment me suivent » mais les disciples avaient vraiment compris : « Que ceux qui mènent me suivent ». Et ils se lancèrent tous à sa suite voulant être certains de mener. Mais Jésus leur dit : « La question la plus importante n’est pas de savoir qui mène mais où ça mène ». (pas Oussa-men ben Laden). En somme, ce qu’il voulait dire, si j’ai bien compris, c’était ceci : je veux bien que tu mènes mais dis-moi où tu me mènes; me mènes-tu vers la vie ou vers la mort. Après tout, Hitler menait, lui aussi.

Qui mène ? Vieille question ! Question de toujours ! Qui mène ? Les men ou les women ? Les grand-men ou les ti-men? Ou bien : les grandes women ou les tites women ? Qui mène ? On est pris avec cette question de « menage ». Question de « menage » ou de ménage. Et faudrait-il garder le « menage » aux men et réserver le ménage aux women ? (Ha ! ha ! ha !) Même dans l’Église la question se pose, si j’ai bien compris. Convient-il de maintenir les expressions hommes de « menage » (Y mènent) et femmes de ménage (A mènent pas)… comme modèle de co-responsabilité ? Genre, c’est le cas de le dire : « Nous sommes co-responsables ; je mène et tu fais le ménage. Je menage et tu ménages ». Ça m’énerve ! Pas vous ?

Mais dans notre monde, comme dans l’Église (si j’ai bien compris), le problème de « menage » est devenu un problème de surmenage. Qu’est-ce qui mène ? Les choses à faire, la multiplicité des choses à faire ? L’agenda ?

 

C’est l’agenda qui nous mène, qui nous mène

C’est l’agenda qui nous mène en haut

 

(faire le geste de la montée et de la descente)

Ou en bas, ça dépend !

 

Et Dieu voyant la multiplicité des choses à faire dans notre agenda s’effaça pour ne pas être un encombrement de plus. Et depuis ce temps, nous le cherchons. Où est Dieu ? Qui est Dieu ?

Qui mène ? Où ça mène ? Et si la réponse était : Dieu… simplement Dieu. Dieu… Amour… simplement.

Que ceux et celles qui aiment le suivent ! J’ai lu quelque part une phrase qui m’a toujours intrigué et bouleversé. Je me suis même demandé si elle n’avait pas été écrite par un clown dans un moment d’euphorie, pour déstabiliser les autres et en rire. Voici cette phrase tellement déstabilisante :

Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, car l’amour vient de Dieu et quiconque aime est né de Dieu et parvient à la connaissance de Dieu. Qui n’aime pas n’a pas découvert Dieu puisque Dieu est amour. (I Jean, 4, 7-8).

Quelle folie que ce texte déstabilisant ! Comment, après ça, comprendre la co-responsabilité en Église ?

Si je comprends bien, la vraie question de la co-responsabilité n’est pas QUI MÈNE ? Mais QUI AIME ?

Qui est responsable ? Cette question peut être tournée vers le passé ou tournée vers l’avenir. Quand elle est tournée vers le passé, on dit : À qui la faute ? C’est elle, c’est lui, c’est pas moi. Quand elle est tournée vers l’avenir, on dit : Qui répond de l’avenir ? La co-responsabilité, c’est répondre de l’avenir ensemble. Et là on dit :

 

C’est toi, c’est moi, c’est nous,

nous sommes ensemble

 

C’est moi, c’est toi, c’est nous,

Et bien ensemble

 

Si t’es avec moi

Et que je suis avec toi

Qui sera contre nous

Je suis avec toi

Tu es avec moi

Rien ne peut être contre nous.

 

Musique

 

La co-responsabilité, c’est répondre de l’avenir ensemble.

Pas en cherchant à faire comme avant mais en regardant en avant. Parfois dans l’Église nous nous disons ; ce n’est plus comme avant, dans le bon vieux temps, quand tout le monde était à l’église. Maintenant nous sommes beaucoup moins nombreux, le Petit reste, 4 ou 5 ou presque. Quand on commence à se prendre pour le Petit reste, c’est qu’on est entre restants. Une Église de restants ; en fait une Église de 20% de restants et de 80% de distants. Drôle de vision d’Église, pas tellement stimulante pour ceux qui sont jeunes, qui sont neufs, jeunes ou vieux.

Il ne s’agit pas de restaurer avec des restants … (Il ne faut pas que l’Église devienne un RESTAURANT, RESTAURATEUR DE RESTANTS mais une re-fondation, un renouvellement avec ceux qui sont neufs, nouveaux, distants ou pas, jeunes ou moins jeunes, ou vieux.

Pas regarder en arrière pour faire comme avant. Mais regarder en avant pour faire du neuf ensemble.

 

Chanson : Faire du neuf ensemble

 

Faire du neuf ensemble

Pas du neuf à cinq

Pour que ça rassemble

Au-delà de nous cinq

 

Faire du neuf ensemble

Pas des vieux modèles

Pour que ça rassemble

Et nous donne des ailes

 

Musique

 

Faire du neuf ensemble. Quel défi ! Bonne chance les co-responsables ! Faire du neuf ensemble. Quel défi évangélique incroyable ! Et pourtant c’est cela qu’il faut croire, cet Évangile qui n’est pas autre chose que : dire du neuf ensemble et faire du neuf ensemble.

 

Dire du neuf ensemble

Au-delà des nouvelles

Qui souvent ressemblent

À de vieilles querelles

 

Dire du neuf ensemble

Comme une Bonne nouvelle

Pour qu’elle nous rassemble

Comme une étincelle

 

 

Faire du neuf ensemble

Pas du neuf à cinq

Pour que ça rassemble

Qu’on soit plus que cinq

 

Faire du neuf ensemble

Loin des vieux modèles

Pour que ça ressemble

À ce qui donne des ailes

 

 

Faire du neuf ensemble

Qui ne soit pas pareil

À tout ce qui ressemble

À un vieux sommeil

 

Faire du neuf ensemble

Qui soit sans pareil

Et qui nous rassemble

Et nous émerveille

 

Dire du neuf ensemble

Au-delà des nouvelles

Qui souvent ressemblent

À de vieilles querelles

 

Dire du neuf ensemble

Dire cette Bonne nouvelle

Pour qu’elle nous rassemble

Comme une étincelle

 

De Pentecôte

De Pentecôte

 

Comme une étincelle

 

Musique

 

L’avenir de l’Église-Jeune femme enceinte à la rencontre des ministères. - Salut l’Église !

-----

Rappel : (pour rappeler qu’il n’y a pas de petits appels ; il n’y a que de petites compréhensions du grand appel qui nous est adressé et du grand appel aux autres)

 

Je vous présente mon orchestre :

 

Personne n’est né pour un gazou.

 

Liste des monologues

Bozo